Jeudi 19 novembre 2009
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Alain Cavalier a perdu sa femme Irène il y a presque 40 ans. Ce film se regarde comme un
journal intime, une évocation d'Irène, des souvenirs, de la douleur du deuil, de la culpabilité et de l'amour perdu.
C'est très dur, déroutant. Je ne connaissais pas l'oeuvre d'Alain Cavalier, je le regrette car ce film et difficile d'accès.
Ici, pas de gros budget, pas d'effets, pas de filtres. C'est cru, tourné à la caméra DV. Un film intime à la manière d'un journal intime. Qu'on fait avant tout pour soi et qu'on décide plus tard de
faire lire aux autres.
L'impression d'entrer par effraction dans sa vie, sa douleur, sa vieillesse. Il n'occulte rien.
De plans gênants et maladroits (il s'attarde sur un portrait de Sophie Marceau en l'encensant) à des métaphores osées (quand l'intérieur d'une pastèque devient utérus), il ne s'épargne rien, se
donne entièrement au spectateur, sans fards. Mais avec beaucoup de pudeur. Il n'essaie pas de sublimer son amour, il est honnête. Tout n'était pas rose, ils étaient différents. Et la relation
n'était pas au beau fixe. Des disputes, la dépression d'Irène, rien n'est éludé.
Il filme l'absente, la disparue. Très peu de photos d'elle. Juste des lieux, des objets.
Il filme aussi sa propre vieillesse, solitaire et mal vécue, sans Irène.
Un film étrange et marquant dont il est très difficile de parler. Il aurait pu en faire un livre tellement son journal intime est admirablement écrit et bouleversant. Mais c'est par son art qu'il a
choisi de se confesser. Et la beauté des textes et de ses mots adoucit et surtout sublime l'aspect brut et un peu élitiste de l'image.
("Irène", réalisé par Alain Cavalier, sorti le 28 octobre 2009, 1h25)
La bande annonce :
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